Polémiques liées à la liste électorale: Pour des élections transparentes

 Polémiques liées à la liste électorale: Pour des élections transparentes

Le responsable de l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip), l’organe en charge de la confection de la liste électorale a démenti, ce samedi 24 septembre 2022, l’information selon laquelle le président de la République aurait demandé la reprise de cette liste au motif qu’elle contiendrait de graves anomalies.

« C’est de la désinformation pure. Ce sont des inexactitudes qu’on écrit sur les réseaux sociaux faisant état de ce que le chef de l’Etat a ordonné de reprendre le processus de confection de la Liste électorale informatisée provisoire (Leip) à Zéro. Il n’en est rien », proteste Cyrille Gougbedji qui confirme cependant la tenue d’une réunion convoquée par le Chef de l’État et la reprise de l’affichage des listes électorales pour permettre à chaque électeur de vérifier les informations le concernant.

Pour la première fois depuis le retour de la démocratie en 1990, la réalisation de la liste électorale est confiée à un organe administratif, ce qui soulève des inquiétudes de la part des partis d’opposition. Ces derniers ont exigé en vain d’être impliqués dans le processus mais seulement la société civile a réussi à avoir un droit de regard. Malgré cela, l’opposition semble avoir accepté le fait accompli, sans doute après avoir été convaincue par des garanties de transparence.

Selon le responsable de l’Anip, tout se passe bien et les quelques problèmes rencontrés sont dus au fait des citoyens dont certains, se seraient inscrits sous différentes identités tandis que d’autres, bien que mineurs, se sont infiltrés dans la liste. Cyrille Gougbédji a également affirmé que la reprise des affichages qui aura lieu à partir du 1er octobre 2022 se justifie par les intempéries qui ont altéré les listes apposées à certains endroits comme dans les zones à forte pluviométrie.

En somme, le travail de l’Anip ne souffre d’aucune insuffisance. Mais si le président Talon n’a pas demandé la reprise des travaux d’identification des électeurs, il reste que des problèmes ont été soulevés qui ne sauraient être balayés du revers des mains. Ainsi, le député Assan Séibou de Copargo a adressé une correspondance au responsable de l’Anip pour signaler des « situations catastrophiques incompréhensibles » sur la liste affichée dans sa circonscription électorale. À l’appui de ses déclarations, il indique que plus de 1000 personnes inscrites dans certains postes de vote se sont vues transférées ailleurs. Parfois, c’est un nombre anormalement élevé ou trop faible qui est noté comparativement à ce qui devrait être. « Je vous prie de prendre par exemple, le poste du village de Babanzaouré qui avait environ 300 inscrits au moment des confirmations, se retrouve avec plus de 1000 inscrits. Les plus de 700 supplémentaires viennent de Zongo, de Toungouli, et même, de postes de vote de l’arrondissement de Singré », précise le député plaignant.

Assan Séibou n’est pas n’importe qui. Il est le député du Bloc républicain, l’un des deux partis créés pour soutenir le président Talon. S’il en vient à affirmer que la liste électorale faite par un organe directement placé sous la tutelle de la Présidence de la République mérite des corrections, c’est qu’il y a vraiment des choses sérieuses à revoir, des failles qui ne sont pas du fait de la pluviométrie ou d’éventuelles tentatives de fraude de la part des citoyens.

La crédibilité d’une élection tient avant tout de la fiabilité de la liste électorale. Le président Talon à maintes fois affirmé sa détermination à faire des prochaines élections une consultation inclusive et transparente. Il revient à chaque acteur de jouer pleinement son rôle afin de participer à cette transparence. 

Pierre MATCHOUDO

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