Marthe Gada : «Concilier études et sport n’est pas chose facile»

 Marthe Gada : «Concilier études et sport n’est pas chose facile»

La vie est un choix, dit-on. Dans les différentes décisions de notre existence, on est obligé de choisir.  La problématique du choix entre études et sports est l’une des préoccupations majeures de notre époque. Tant le sport exige de nos jours, une activité physique régulière, intense, une concentration constante et des performances hors normes. Les études, elles, nécessitent une assimilation des notions apprises et une mise à l’épreuve à travers les examens.

 Devant cette situation complexe, doit-on faire un choix ou doit-on embrasser les deux branches ? Dans une interview accordée à Golfe TV Africa, Marthe Gada, l’ex volleyeuse et footballeuse béninoise et actuelle secrétaire administrative au Centre multimédia des adolescents et des jeunes du Bénin (CMAJB) s’est prononcée sur le sujet. Pour la sportive née, concilier études et sport n’est pas chose facile. «Je vais prêter les expressions de Monsieur Fernando Hessou, Secrétaire général du Comité national olympique et sportif du Bénin pour donner une petite image de moi-même. Marthe Gada est une sportive pluridisciplinaire atypique», a-t-elle confié avant de poursuivre.  «Quand je vois les gens qui ont joué avec moi, je ne vois pas une personne ayant combiné deux disciplines et les études. Tout juste pour vous dire que c’est très difficile. C’est très compliqué», dira-t-elle avant d’expliquer : «Il m’est arrivé de finir à une compétition de foot et la seule chose que je change, ce sont mes chaussures puis je reprends une autre compétition. J’ai fait les deux disciplines simultanément sur le plan professionnel. Des fois, en pleine année scolaire, je suis sollicitée pour participer à des compétitions parce que j’étais indispensable. Ce qui me contraint à m’absenter pour plusieurs jours (au cours, ndlr), chose curieuse, parfois à la veille des devoirs. Et mes permissions sont couvertes par le Ministère des sports qui envoie en bonne et due forme des notes».

La Passionnée du sport…

«Au football, on s’entraînait les samedis tandis qu’au volley, c’était les mardis, jeudis et vendredis nuits», dévoile-t-elle. Mais un souvenir lui taraude encore l’esprit. «Je me rappelle bien le jour où il donnait les résultats du BEPC. Amour pour le sport oblige ou coïncidence. J’étais en train de jouer un match sur le terrain du CEG Gbégamey alors qu’ils donnaient les résultats à côté. Heureusement cela a marché. Parce que j’avais peut-être un don divin de vite assimiler  et d’être vite au pas. Mais cela n’a pas été une mince affaire de concilier les deux», a-t-elle relaté, en poussant un soupir.  Elle renchérit : «Pour ne point faillir au niveau des études, après un match, une fois à la maison, je veillais pendant que tout le monde dormait pour étudier. L’autre face invisible de l’iceberg, quand tu reviens des compétitions internationales, j’étais obligée de passer les cahiers, pour recopier les cours et tout apprendre durant les nuits blanches. Je vous le répète, c’était très difficile, sincèrement. Si c’était à refaire, je n’oserai plus», a-t-elle avoué.

Pourtant, malgré les notes zéro, elle a résisté jusqu’à avoir son premier diplôme universitaire en poursuivant ses études supérieures à l’ENAM.

Selon ses propos, la mauvaise foi de certains de ses enseignants a eu parfois des répercussions importantes dans son cursus scolaire. «Il m’est arrivé de reprendre part à des séances de rattrapages ou aux travaux dirigés, parce que je n’étais pas inintelligente. Mais malgré les lettres de permission du Ministère, certains professeurs pour les interrogations me donnaient zéro. J’ai récolté beaucoup de zéro sur mon parcours qui ont fait que j’ai repris  certaines classes. Quand bien même on allait représenter le Bénin, au niveau de l’école, on me faisait voir des misères à l’école», a-t-elle fait savoir. «Je n’ai pas baissé les bras. J’ai quand même faire mes études universitaires à l’ENAM», ajouta-t-elle, en dépit de toutes ces péripéties.

Un conseil pour la jeune génération…

Elle refuse de conseiller à ces jeunes sœurs de continuer les études au détriment du sport. «La finalité des études, c’est de gagner sa vie. Le sport aussi quand on est bien encadré, on peut gagner sa vie. Pour preuve, nous avons beaucoup de professionnelles femmes aujourd’hui qui sont à l’extérieur. Mieux, elles jouent et gagnent bien leurs vies plus que ceux qui ont fait de longues études. Parce qu’elles ont du talent à vendre et ont eu l’opportunité de les faire valoir», a-t-elle poursuivi. En évoquant le sacrifice quant à concilier études et sport, elle conseille : «Si les enfants veulent concilier les deux, ils doivent  savoir qu’ils vont sacrifier leurs loisirs et faire les études à côté. Car, les deux nourrissent confortablement. Il suffit de s’y prendre».

«De toutes les façons, ils ont besoin d’étudier. Puisque demain, s’ils veulent signer un contrat, ils ont besoin de bien le lire. Et sans bien étudier, on signe sans comprendre grand-chose, bienvenus les dégâts. Raison pour laquelle, les études sont importantes», conclut Marthe Garda.

Études et sports, doit-on faire un choix ? La question reste toute entière. A vous de prendre la décision qui vous semble la meilleure.

La Rédaction

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