Mariage annoncé entre l’UP et le PRD : Une aubaine pour Talon

 Mariage annoncé entre l’UP et le PRD : Une aubaine pour Talon

Parti le plus emblématique du renouveau démocratique, le PRD tire finalement sa révérence après plus de trois décennies d’animation de la vie politique. S’il ne disparaît pas totalement, il perd cependant sa spécificité car désormais il se met avec une autre formation, plus jeune, pour une fusion dont les tenants et aboutissants restent encore peu  connus du grand public.

En effet, le samedi 6 août dernier, Joseph Djogbénou président du parti l’Union progressiste (proche du chef de l’Etat) s’est rendu au domicile de Me Adrien Houngbédji à Porto-Novo pour demander en mariage le Prd fondé et présidé par ce dernier depuis plus de 30 ans. D’après les conclusions de la réunion, désormais les deux partis vont convoler en juste noces, sans doute avant les élections législatives de janvier 2023.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle tentative de fusion a été initiée. L’on se souvient que, à l’occasion de l’élection présidentielle de 2011, plusieurs grands partis avaient convenu de se mettre ensemble pour créer une entité dénommée l’Union fait la Nation (UN). Il s’agissait du PRD, de la Renaissance du Bénin de l’ancien président Nicéphore Soglo, du PSD de Amoussou Bruno et d’autres formations politiques de moindre envergure. A l’époque, l’enjeu était de taille puisqu’il s’agissait de barrer la route au président Yayi Boni qui briguait son second mandat. Les nouveaux alliés s’étaient alors engagés à dissoudre leurs partis au profit de la nouvelle entité. Promesses non tenues car, au lendemain du scrutin qui s’est soldé par leur échec, chacun a repris son drapeau.

Cependant, cette fois-ci, tout semble ficelé pour de bon, le PRD n’ayant plus aucun enjeu à défendre seul. Son président ne peut plus se présenter ni à l’élection présidentielle ni aux législatives frappé à la fois par l’âge. Mais surtout, la formation politique est pénalisée par la disposition de la charte des partis selon laquelle, pour avoir des élus, il faut réussir une performance de 10% des suffrages exprimés sur toute l’étendue du territoire national. Ce qu’il ne peut pas obtenir.

Mais, ces raisons ne suffisent pas pour faire disparaitre le PRD, qui pouvait travailler pour combler ses lacunes. Dans les négociations qui ont conduit à ce sabordage, il faut reconnaître que le Président Patrice Talon a réussi à mettre en jeu son talent de négociateur. Fin tacticien, il a su sans doute donné des garantis au président du PRD quant à la répartition des voix et des postes à la fois lors des prochaines législatives et, au-delà, dans l’appareil d’Etat. Mais aussi et surtout, Me Adrien Houngbédji a eu l’assurance que le PRD ne disparaît pas comme pulvérisé mais qu’il gardera une partie de son identité dans la nouvelle formation.  Pour Talon, c’est une aubaine car en réalité le PRD continue d’avoir un important réservoir de voix. 

Pierre MATCHOUDO

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