Lycée technique et professionnel de Tchaourou: Le chemin de croix des apprenants

 Lycée technique et professionnel de Tchaourou: Le chemin de croix des apprenants

Situé à 10 km de la ville et à 2 km du village de Tékparou, le lycée technique et professionnel de Tchaourou accueille chaque année des élèves boursiers et non boursiers (à titre payant). Et qui dit bourse, dit une prise en charge pour l’hébergement, la restauration, l’assurance maladie et les équipements scolaires pour une meilleure formation de l’enfant.

Mais à Tchaourou, c’est tout le contraire qui se passe, par exemple au lycée technique d’Akassato dans la commune d’Abomey-Calavi et le Lycée technique et Professionnel d’Abomey où les enfants boursiers sont hébergés et prise en charge avec trois repas chauds par jour. Pire, les boursiers ne reçoivent aucun traitement durant l’année scolaire. Ils sont livrés à leur propre sort. Selon l’administration du Lycée, c’est seulement à la fin de l’année qu’ils bénéficient de quelques ristournes avant d’aller en vacances.

Le réfectoire de fortune assuré par les bonnes dames venues des villages voisins n’est pas accessible à la bourse des lycéens qui pour la plupart restent sans un repas chaud pour tenir assis et suivre les cours. Certains passent même toute la journée le vendre creux puisqu’il leur faut débourser au moins 500 F pour s’offrir un maigre plat de riz…

Dans le lycée, la baguette de pain est vendue entre 200 et 300 FCFA. Le hic, c’est que même à Tekparou où la plupart des lycéens ont élu domicile, s’offrir un repas chaud à midi est tout un calvaire. C’est le ventre creux que certains reprennent les cours de l’après-midi.

Vite agir

Pour une situation qui dure depuis la réouverture du lycée il y a 3 ans, il est urgent de trouver une solution palliative et immédiate. Celle de doter le lycée de Tchaourou d’une cantine scolaire en attendant la construction de l’internat et la prise en charge des premiers soins de santé. Le Bénin en est d’ailleurs le champion en Afrique à travers un repas chaud qu’il assure à ses enfants dans le primaire. Et pour qui connaît donc l’engagement du gouvernement de la rupture depuis 2016 pour la promotion de la formation technique et professionnelle à travers le projet de construction de 60 lycées techniques, un regard bienveillant et salvateur du Ministre Kouaro Chabi est indispensable avant la reprise des classes le 5 janvier 2023. Ceci pour sauver non seulement la vie de ces lycéens en quête de savoir mais aussi et surtout leur assurer les conditions minimales d’étude. Comme le dit un adage, ventre creux n’a point d’oreille.

Patrice ADJAHO

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