Législatives 2023 au Bénin : Les atouts de l’opposition

 Législatives 2023 au Bénin : Les atouts de l’opposition

Si la mouvance présidentielle semble avoir une longueur d’avance à l’approche des élections législatives de janvier prochain, l’opposition ne manque pas d’atouts qui, bien exploités, peuvent lui permettre d’obtenir la majorité des sièges à l’Assemblée nationale.

Le premier levier que l’opposition actionnera sans doute est celui du mécontentement général des Béninois face au coût de la vie. Alors que les prix ont commencé à augmenter graduellement il y a quelques années, les initiatives du gouvernement n’ont réussi à les endiguer. Au contraire l’inflation a atteint des records inégalés. Face aux prix qui gonflent continuellement en dépit des remèdes du gouvernement, le chef de l’État a dû se résoudre à envoyer ses ministres et cadres en mission à l’intérieur du pays pour dégager la responsabilité de l’exécutif en portant le tort sur le Covid-19, la guerre en Ukraine et sur les commerçants.

Si le gouvernement n’est pas responsable de tous les maux, l’histoire politique du Bénin montre que c’est lui que les électeurs tiennent pour responsable même des facteurs exogènes qui influent négativement les performances de l’État. Ainsi, lorsque le Franc CFA a été dévalué le 11 janvier 1994 (Il est un peu plus de 20h50, ce 11 janvier 1994, et le franc CFA vient d’être officiellement dévalué de 50 %, après quarante-six ans de parité fixe avec le franc français. “Il y a eu la colonisation, la loi-cadre, les indépendances et la dévaluation… C’est un moment historique” avait murmuré le ministre en son temps le ministre Michel Roussin, d’après le témoignage de Géraldine Faes, journaliste, Jeune Afrique), l’opposition avait fait porter au président Soglo la responsabilité de cette d’évaluation, allant même jusqu’à présenter ce dernier comme l’instigateur.

Le second reproche que l’opposition fera sans doute ressortir porte sur la réalisation des infrastructures routières et l’assainissement urbain par le gouvernement. En effet, la frustration monte face aux inégalités de développement qui se sont creusées depuis ces dernières années. Si cela peut être corrigé, le temps joue contre le gouvernement. Il ne reste plus que six mois pour les législatives. Certes, par le passé certains politiciens sont allés entreposer poteaux électriques et autres équipements à la veille des élections, promettant ainsi des infrastructures dont manquent les populations locales. Équipements qui ont disparu au lendemain des élections. Aujourd’hui, les électeurs ne sont plus aussi dupes. Ils ne mordront pas à l’appât.

Les inconditionnels des partis d’opposition, c’est une question de polichinelle, ne voteront pas pour les partis soutenant les actions  du Chef de l’Etat. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas besoin qu’on les convainc avant de voter pour l’opposition. A ceci s’ajoutent les frustrés. Il s’agit de ceux qui ont perdu leurs emplois, ceux qui ont souffert des déguerpissements, ceux qui ont subi les réformes, les proches et sympathisants des prisonniers politiques et des exilés. A ce niveau, il n’est plus à démontrer qu’ils sont un nombre conséquent qui rumine leur mal en patience. Mais pour que leurs partisans et leurs militants puissent mettre le caché sur leur bulletin dans le but d’assurer le maximum de sièges à la prochaine Assemblée Nationale, les partis de l’opposition ont le devoir d’aller en contact des électeurs et peaufinant de meilleures stratégies.

Pierre MATCHOUDO

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