Journée Nationale de lutte contre la torture : Ni oubli ni pardon

 Journée Nationale de lutte contre la torture : Ni oubli ni pardon

L’organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples (Odhp) a commémoré la Journée nationale de lutte contre la torture en hommage aux héros et martyrs pour les libertés au Bénin. La bourse du travail de Cotonou a servi de cadre, samedi 07 mai 2022, à la célébration.

Ni oubli ni pardon pour, le slogan de la célébration de la Journée nationale de lutte contre la torture au Bénin est on ne peut plus clair. Les membres de l’Organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples (Odhp) et le Comité de soutien aux détenus et exilés politique (Csdep) n’entendent pas baisser les bras. «Nous n’avons pas le droit de les oublier. Ça n’arrive pas qu’aux autres», a martelé Françoise Holonou, présidente du Csdep. Pour elle, la torture continue sous diverses formes au Bénin. Le combat doit continuer insiste-t-elle.

Initiée depuis 1993 après des combats d’anciens détenus politiques, la journée nationale de lutte contre la torture doit être célébrée comme il se doit, a fait savoir Nagnini Kassa Mampo, secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb). Il est venu soutenir le Comité de soutien aux détenus et exilés politique (Csdep) et s’est dit heureux d’être aux côtés des camarades de l’Odhp qui se battent pour que les libertés très menacées soient respectées.

Dans son propos, Aboubacar Baparapé, Président de l’Organisation pour la défense des droits de l’homme et des peuples a demandé un ban de reconnaissance pour la Cstb pour sa témérité suite à la l’organisation de la grande marche du 1er mai, fête du travail. Il s’en est suivi une minute de silence en la mémoire des victimes d’actes de tortures au Bénin. Une pensée spéciale pour honorer la mémoire de Gaston Kokodé, ancien camarade détenu politique, passé de vie à trépas, il y a peu.

Une dizaine de doléances a été lue et sera par la suite adressée au gouvernement. On y retient la prise des dispositions idoines pour le jugement des tortionnaires anciens et nouveaux depuis ceux sous Matthieu Kérékou-PRPB, l’activation de la commission indemnisation avec un calendrier pour l’indemnisation équitable des victimes de la répression, et l’immortalisation des victimes décédées pour lesquelles des propositions sont disponibles. Il y a aussi la demande des hommages nationaux à Kaba avec le retrait de sa dépouille ainsi que celles de ses guerriers des grottes de Data-wori pour une sépulture digne des héros qu’ils sont et le retour de la tête emportée de Bio Guèra. L’Odhp n’a pas manqué de réclamer la libération de tous les détenus (politiques) et le retour des exilés (politiques selon leur terme). Maître Baparapé a instamment demandé au gouvernement de prendre langue avec les parties concernées pour que dans un chronogramme précis les doléances soient satisfaites.

La commémoration a pris fin par un dépôt de gerbe sur la statue dédiée aux personnes décédées pour fait de tortures au Bénin. Comme autre activité à mener cette année l’Ohdp entend organiser la semaine des libertés du 16 au 23 mai 2022. Elle vise à permettre aux militants et citoyens, jeunes en l’occurrence, d’approprier des connaissances sur les divers aspects des droits de l’homme et des peuples. Il faut retenir que le thème de la célébration de cette année est «Droits de l’homme et Droits des peuples au Bénin».

Arnaud ACAKPO (Coll)

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