Jeux de hasard: Un espoir de faire fortune

 Jeux de hasard: Un espoir de faire fortune

Paris sportifs, jeux de boules, Pmu, Jackpot…sont les quelques jeux de hasard qui attirent de plus en plus les Béninois. Ils s’y adonnent à cœur joie et espèrent gagner les gros lots qui les sortiront de la pauvreté. Chose curieuse, tous les corps de la société s’y intéressent désormais.

Lundi 13 décembre 2021, il sonnait 9heures, un tour dans les kiosques de jeu de Kouhounou montre le désir ardent des parieurs à tenter leur chance, histoire de remporter le gros lot. « Grâce au jeu de boule, j’ai pu réaliser plusieurs choses dont l’achat de l’une de mes parcelles après un gain. C’est pourquoi je continue de jouer. ». Ces propos sont de E. Sossou, des joueurs comme lui, ils sont nombreux à ne manquer aucune occasion de tenter leur chance. Comme Sossou, certains Béninois retrouvés sur les lieux ont leur compte. « Par semaine, je peux jouer pour cinquante mille francs mais en retour, j’ai toujours le double de cette somme voire le triple. Je n’ai jamais touché des millions depuis que je suis patron de mon atelier de soudure mais grâce à ce jeu, j’ai compté des millions de francs », explique notre interlocuteur. « Je n’ai point de doute qu’un jour je vais remporter un lot intéressant », lâche Jacob, chef carreleur. Quentin est étudiant et pense que son jour viendra aussi. « J’ai commencé il y a peu de temps et j’avoue que ce n’est pas facile, mais j’ai de l’espoir. Je vise le million et je sais que ça viendra », se convainc-t-il. « Je fais un bon chiffre d’affaires. Car les gens viennent jouer régulièrement », confie Béatrice.

Avant de prendre congés des lieux de jeu de Kouhounou pour continuer notre périple les passionnés ne manquaient vraiment pas au rendez-vous. Chose surprenante, beaucoup de femmes sont désormais accros de ces jeux de hasard. « Je ne dépasse pas 200f FCFA par jour. Mais dans une semaine cela me sourit très souvent », nous a soufflé Ghislaine.

Une fois au hall des arts dans les environs de 15h après une petite pause, ici le débat se faisait autour du résultat du jeu du matin. « J’aurais dû bien faire le calcul. C’est grave, ils m’ont eu en faisant moins 10. Mais ce n’est que partie remise », a déclaré avec une petite mine serrée, le parieur qui n’est autre qu’un homme en uniforme.  « Ce soir, il risque de ramener deux chiffres des résultats de ce matin », a indiqué Koffi avec une confiance exaltante. « Ils vont nous ramener un anagramme. C’est sûr et certains »,  a dévoilé Luc, coiffeur. Et le débat si intéressant a permis de contempler les passionnés dont chacun sortait sa documentation. « Je sors toujours avec mes notes. Je ne joue jamais sans les consulter », a souligné Pierre, homme des médias.

La frénésie des jeux de hasard a apparemment gagné toutes les couches de la population, jeunes, personnes âgées peu importe le sexe. « Il n’y a pas de marge pour ces jeux, juste qu’il faut être âgé de plus de dix-huit ans. Je suis une femme et je joue, je ne suis pas la seule. Ce n’est pas interdit, je crois », laisse entendre Sylvia, revendeuse tout en ajoutant « Avec ce jeu, on dépense mais on a le retour de nos dépenses. Il faut bien faire ses choix peu importe le jeu. J’ai gagné jusqu’à deux millions ». « C’est 1xBET qui est mon préféré », a indiqué John, agent de banque avant de poursuivre « C’est plus facile. Il suffit de connaître les forces et faiblesses des équipes. J’ai déjà coupé gros plusieurs fois ».

A l’opposé de ces personnes qui se réjouissent des bienfaits de ces jeux et qui espèrent gagner plus, il y a ceux  qui n’y croient pas ou qui n’y croient plus. C’est le cas d’Éric qui pense que les jeux de hasard sont ‘’un mythe’’.  « Je ne suis pas séduit par ces jeux. Ceux qui jouent ont leurs raisons mais moi je n’ai pas d’explications », affirme-t-il. Pour Léonard, chrétien fervent, il n’y a pas question de s’y hasarder « La Bible nous enseigne que nous devrions utiliser nos ressources pour pourvoir aux besoins de nos familles, et non risquer de tout perdre en nous imaginant gagner plus en jouant. Il y a une dimension spirituelle évidente à la manière dont nous gérons nos finances ». Jacob abonde dans le même sens en précisant « Aucune richesse ne s’acquiert dans la fatalité ».  Il revient à chacun de faire son choix.

La Rédaction

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