Jeunesse et course effrénée à la fortune: Ça pactise avec le diable

 Jeunesse et course effrénée à la fortune: Ça pactise avec le diable

Devenir riche du jour au lendemain, c’est le rêve d’un grand nombre de jeunes qui n’hésitent pas pour cela à recourir à des pratiques occultes dangereuses pour la société. C’est ainsi que la semaine dernière le meurtre d’un enfant de quatre ans à Natitingou a choqué l’opinion publique. Le meurtrier, qui serait un étudiant de moins de 30 ans a égorgé l’enfant en sacrifice à un fétiche qu’il possède à l’intérieur de son appartement.

Aussi choquante que cela soit, cette pratique n’est pourtant pas un cas isolé. L’arrestation au Nigéria d’un jeune homme pour un crime similaire a amené, cette semaine, le régulateur de l’industrie cinématographique du pays à interdire la production et la diffusion de films montrant des scènes de sacrifices humains, le suspect ayant affirmé avoir été inspiré par les films Nollywood. Mais il reste que dans la vie réelle, beaucoup de jeunes pressés de s’enrichir sont prêts à toutes sortes de pratiques pourvu que celles-ci soient supposées les mener vers leur but.

 Il y a quelques années, le mode opératoire de cette jeunesse consistait à extorquer des fonds à des Européens en clonant des sites internet de commerce ou en offrant des services en ligne dont en réalité ils ne disposaient pas. Connu au Bénin sous le nom de Gaymans, ces jeunes étaient remarquables par leur train de vie luxueux. Aujourd’hui le phénomène est en voie de passer de mode grâce à des arrestations devenues fréquentes dans ce milieu.

Mais n’empêche, l’ambition est toujours là : devenir riche le plus vite possible. Et pour cela, des féticheurs sont là pour offrir leurs services souvent funestes. Les jeunes, qui certainement paient cher l’acquisition de fétiches se voient obligés de respecter à la lettre le mode d’emploi de leur divinité sous peine de ne pas avoir de succès. Hélas parfois, celle-ci demanderait du sang humain pour continuer à générer l’argent. Un leurre puisqu’en réalité le féticheur demande des choses qu’il pense hors d’atteinte comme les sacrifices humains ou une larme de lion. Et au bout, c’est le malheur et la fin de la quête d’enrichissement.

Le recours aux forces supposées surnaturelles est d’autant plus en vogue que les jeunes sont de plus en plus nombreux à s’adonner à des jeux de hasard avec le rêve de gagner des millions de francs avec une seule mise.

Face à cette situation, une seule solution subsiste : l’éducation. Il est important que l’éthique soit enseignée à la jeunesse mais aussi aux différents acteurs politiques et sociaux. Comme le dit quelqu’un, il est difficile de convaincre les jeunes que seul le travail permet de réussir dans la vie lorsqu’on a des voleurs riches et des diplômés pauvres.

Damien TOLOMISSI

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