FIFF Cotonou 2021: Le top donné

 FIFF Cotonou 2021: Le top donné

La deuxième édition du Festival international des Films de Femmes (FIFF) de Cotonou a démarré, mardi 8 février 2022 à Canal Olympia. Initiée par l’association EcranBénin, ce festival de quatre jours a été lancé lors d’une cérémonie riche en couleur.

Formation en critique cinéma, de speeds datings, des activités de découverte et quatre jours de projections. C’est le programme de la 2è édition du Festival international des films de femmes (FIFF) qui a été lancé, mardi 8 février 2022 à Cotonou avec comme Guest star, la Sénégalaise Fatou Jupiter. « Je suis honorée d’être invitée », a confié l’actrice sénégalaise. Ne pouvant pas rester à Cotonou durant les quatre jours que durent le festival, elle a tout de même lancé un appel aux Béninois. « Fêtons le cinéma. Fêtons les femmes », chante-t-elle. S’adressant aux femmes, elle a indiqué qu’«aucun rêve n’est trop grand. Il suffit d’y croire et c’est possible ».

Au cours de cette cérémonie d’ouverture, hommage a été rendu aux cinq réalisatrices pionnières du cinéma béninois. Chacune d’elles a été distinguée. La première est Laure Agbo, première femme réalisatrice béninoise. Elle est devenue réalisatrice en 1978 après sa formation à l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) de Paris. Christiane Chabi Kao, pionnière de la fiction au Bénin a aussi été honorée de même que Jemima Catraye, journaliste à l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin (Ortb) et Carole Lokossou, conteuse, actrice. Il en est de même pour Tella Kpomahou, actrice béninoise qui joue dans  » Crocodile de Botswanga  » et qui s’est fait représenter.

Ces femmes ont ouvert la voie alors qu’aucune femme n’osait s’aventurer dans le monde du cinéma. Christiane Chabi Kao estime que le cinéma est très difficile pour les femmes. « C’est cette année que j’ai été rémunérée pour l’écriture de scénario. D’habitude on travaille gratuitement », renseigne-t-elle. Jemima Catraye relève, cependant, que les femmes doivent se dire : « Les femmes sont des hommes avant d’être des femmes ». Car, tout le potentiel des hommes « viennent de nous », a-t-elle soutenu. Carole Lokossou‚ 44ans, a saisi l’occasion pour s’ouvrir devant la ministre des Affaires sociales et de la microfinance. « Nous vivons la précarité dans notre métier », insiste-t-elle. « Dans d’autres pays j’aurais déjà eu une belle maison pour mes vieux jours. Dans d’autres pays j’aurais déjà une assurance pour mes vieux jours…», s’est-elle plainte.

L’ambassadrice de l’Union européenne, Sylvia Hartleif s’est réjouie du choix du thème de cette édition qui est « Regard du cinéma africain sur le pouvoir économique de la femme rurale ». « Au-delà du cinéma, ce festival est une opportunité pour promouvoir et faire avancer les droits des femmes notamment rurales. Nous plaidons donc pour toutes ces filles qui, au nom de la culture ou à cause de la précarité n’ont pas la chance de développer leur plein potentiel ou de concrétiser leurs rêves », a appuyé la promotrice du festival, Cornelia Glèlè.

La ministre des Affaires sociales, Véronique Tognifodé a également déploré le mauvais traitement que subissent les femmes dans le secteur du cinéma. Elle regrette qu’en 70 ans par exemple, la palme d’or n’a été décernée qu’à une seule femme au Festival de Cannes. Revenant sur les contenus, elle a attiré l’attention sur le fait qu’à l’ère du numérique‚ des Tic, les médias participent à l’éducation des filles. « Qu’on cesse alors de porter à l’écran les histoires qui donnent à voir les femmes comme des êtres de seconde zone ».

« Quand les cameras s’éteignent », la première projection

Le film projeté à cette édition est une production de deux étudiantes de l’École nationale des sciences et techniques de l’information et de la communication (Enstic). Christelle Azandémè et Egnonnoumi Tchaou l’ont co-réalisé dans le cadre de leur soutenance. Intitulée « Quand les cameras s’éteignent », elle montre les difficulté‚ les préjugés dont les actrices sont victimes dans leur quotidien du fait des rôles qu’elles ont incarné à l’écran.

Des prix et du jury

Cinq trophées sont en lice à l’occasion de cette deuxième édition du FIFF Cotonou. Il s’agit de l’Amazone d’or, plus grand prix du festival attribué au meilleur film de fiction ; l’Amazone du documentaire, 2ème prix destiné au meilleur film documentaire ; l’Amazone du scénario décerné au film-fiction qui a le meilleur scénario ; l’Amazone du jury, prix coup de cœur du jury et l’Amazone Tella Kpomahou de l’interprétation attribuée à la meilleure actrice.

Le jury est composé de Sandra Adjaho, actrice béninoise et militante des droits humains chez Amnesty International ; Ramatoulaye Mballo, chargée d’innovation et d’accompagnement Equipop; Charles Tesson, professeur d’histoire du cinéma à la Sorbonne-Paris et ancien directeur de la Semaine de critique du festival de Cannes ; et enfin, Faissol Gnonlonfin, producteur béninois, producteur du film haïtien à succès  » Freda  » qui met en exergue la résilience des femmes dans un Haïti détruit par les gangs et la mauvaise gouvernance. Le FIFF Cotonou 2021 se poursuit à « Blue Zone » pour les rencontres professionnelles et le centre culturel « Artisttik Africa » pour les projections de films.

Damien TOLOMISSSI

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