Fêtes de fin d’année : Entre mévente et espérance

 Fêtes de fin d’année : Entre mévente et espérance

A l’image de l’édition 2021, les fêtes de Noël et du Nouvel an de cette année risquent d’être célébrées sans une véritable euphorie.  De Cotonou à Porto Novo en passant Karimama, Bantè, Banikoara et Ouidah, pas de véritables signes de fête. Les artères des grandes villes sont presque désertes. Pas de nombreux stands de vente de jouets comme à l’accoutumée.

Seules les décorations au niveau des carrefours dans quelques villes laissent croire que c’est la période des fêtes. Les commerçantes n’ont pu ravitailler leurs étalages. Elles se contentent de vieux jouets invendus parsemés de quelques nouveaux. Particulièrement, au niveau de certains boulevards tels celui de Steinmetz, de Saint Michel et la zone commerciale ont perdu de son éclat. Les soldes appelés « liquidés » se raréfient. On avait coutume de voir des boutiques pousser comme des champignons à l’orée de ces fêtes. Mais aujourd’hui, la situation est autre. Des commerçants et commerçantes se plaignent de la mévente sur les marchés. « Très très compliqué cette situation », se désole Christelle, commerçante. « Lorsque l’on observe ce qui se passe aujourd’hui, on a parfois un peu l’impression que nous sommes les seuls au monde à vivre dans la morosité économique », déplore Colette, responsable de boutique. « Pourtant nous sommes un certain nombre à nous baser sur des prêts pour fonctionner », renchérit Pierre, vendeur de chaussures avant de poursuivre : « Personnellement j’ai peur et je pense déjà comment faire pour rembourser mes dettes  ».  « C’est de mal en pire. Chaque année, nous nous attendons à une amélioration mais c’est plutôt le decrescendo », constate Christian, couturier avant d’ajouter « Nous espérons le miracle. C’est notre seul espoir du désespoir ». Jean Paul, propriétaire d’une boutique de vente des appareils ménagers relativise : « si c’est le prix à payer pour que demain soit meilleur, nous sommes prêts à ce sacrifice. Et d’ailleurs nous le faisons déjà ».

La misère cachée

Ce constat fait au niveau des stands de vente de jouets et les témoignages reçus sur le manque d’affluence au niveau des stands sont des éléments qui prouvent que les Béninois croupissent sous la misère. La morosité économique de ces dernières années ne fait qu’empirer. La seule issue qu’à trouver certains, est de cacher leur misère. Bon nombre de citoyens préfèrent donner de l’envie que d’étaler leur misère sur la place publique. Sous des costumes bien dressés se cachent des corps rutilants de misère. « C’est ma façon de tenir le coup. Parce que dans le désespoir, j’espère. Cela semble utopique mais c’est la réalité », a confié Fidèle, opérateur économique. « Je me moque de la misère pour quand même me donner du punch avec mes maigres moyens », renchérit, Jean Pierre, technicien en informatique. « L’espoir est quand même permis tant que la vie continue », c’est la nouvelle chanson des Béninois. Car sur toutes les lèvres, c’est le refrain qui fait feu. « Peut-être que le sourire reviendra et nous reprendrons un jour avec nos vieilles habitudes de fêtes dans la grande ferveur », a indiqué John, acteur culturel.

La Rédaction

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