Faits divers : Parfois l’argent fait le malheur

 Faits divers : Parfois l’argent fait le malheur

Monsieur Bakary, la quarantaine est un jeune millionnaire qui officie dans l’import-export. Beau gosse et bien nanti, les femmes ont du mal à lui résister. Malheureusement il est un illettré. C’est grâce à son oncle paternel qu’il est devenu un incontournable dans ce secteur.

Comme la plupart des hommes qui ne résistent pas devant certaines beautés, Monsieur Bakary en est un. Mais la particularité chez lui est de courir la prétentaine. Il adore sortir avec les femmes intellectuelles qui travaillent dans les institutions. Et pour montrer son importance, il aime être accompagné, lors de ses sorties par sa conquête du moment. Or difficilement, il aligne sujet, verbe et complément pourtant il aime prendre la parole en public. Une situation qui fait honte à ses conquêtes qui après un bout de temps avec lui prennent la tangente. Cela n’a jamais gêné monsieur qui poursuit toujours son mercato de femme haut de gamme.

Un jour, il fit la connaissance de Juanita, une femme bien soignée et bien traitée par des produits esthétiques. La peau claire et bien lisse, de jolies lèvres, une taille moyenne, elle est une pure créature divine. Des atouts qui n’ont laissé indifférent Bakary qui se lance à sa conquête. Or Juanita a des objectifs précis : avoir avec elle un homme nanti qui puisse lui offrir le luxe dont elle a besoin, c’est- à-dire changer sa Toyota au profit d’un véhicule V8, érigé un R+4 sur sa parcelle, voyager comme elle en a envie en toute liberté, s’offrir des weekends bien arrosés, etc. Comme un coco qui tombe dans un panier, le sort fait son œuvre. Au retour d’une excursion organisée par une institution de la place pour des gens d’un niveau social donné, un fait inédit s’est produit.  Bakary et Juanita prennent place dans le bus, côté chauffeur. Bakary, friand de l’air naturel s’installe à côté de la fenêtre. A l’opposé, Monsieur Sanou et une volontaire Suisse.

Au cours du trajet, Bakary est plongé dans un léger sommeil, c’est alors que Juanita prend du service. Séduit par Sanou, les deux nouveaux tourtereaux entre deux coups d’œil échangent les numéros. Le réveil de Bakary n’a guère émoussé leur ardeur car ce dernier ne sait lire ni écrire. Les échanges allaient bon train au point d’attirer l’attention de Koffi qui est juste derrière eux. Ne pouvant plus supporter cette situation, Koffi se lève et dit en langue vernaculaire :  » Tchaho hoooo, nouto djidjo do fimon, gnonnou minci to agalè gannan gannan » autrement dit « vraiment hein ça sent la débauche à plein nez ici. Une femme mariée qui trompe publiquement son mari comme ça ». Il l’a martelé une première fois, une deuxième fois et puis une troisième fois juste pour attirer l’attention de Bakary.

Mr Bakary se retourna pour voir celui qui parle et c’est ainsi que discrètement Koffi lui fit clin d’œil pour lui signifier que c’est de lui et de Juanita qu’il est question. Il ne bronche pas. Il a guetté sa femme qui était plongée à son tour dans un sommeil. Très subtil, il prend délicatement le portable de sa conquête qui n’était pas codé. Il le remet à Koffi, et lui demande maintenant de lui transférer les échanges sur son portable. Ce qui est fait. Une fois à la maison, Bakary fait assoir Juanita et lui pose des questions. Elle a tout nié.  Avant cette discussion, Bakary a pris connaissance des messages grâce à ces neveux. Face au refus de sa femme, il l’a fait surveiller et découvre qu’ils se rencontrent dans un restaurant. Avec l’aide du gérant, ils mettent sur pied un dispositif pour enregistrer leur conversation afin de les prendre la main dans le sac. Pour la rencontre qui a suivi, dans les échanges Juanita disait à Sanou que « pour elle, Bakary est son chèque, il débourse l’argent mais c’est un illettré et qu’elle a honte de lui en public ». Elle poursuit en ces termes : « Toi et moi, allons-nous entendre. Je te présenterai comme mon frère pour camoufler notre amitié ». Après cette causerie bien arrosée, les deux tourtereaux prennent la direction d’un hôtel pour clôturer sexuellement cette belle soirée. Après donc s’être bien satisfaits, les deux sortaient de l’hôtel quand ils ont aperçu Bakary et sa suite aux pieds des escaliers. La surprise fût totale. L’étonnement était grand. Face à l’évidence des preuves brandies par Bakary, Juanita n’avait plus que ses yeux pour pleurer. Cette relation amoureuse vient une fois d’être vouée à l’échec.

MORALITÉ

Selon Éric, sociologue, c’est bien d’avoir l’argent car sans moyen financier, l’homme ne peut rien. Mais attention, il faut prendre conscience de ses atouts et de ses limites. A partir du moment où un certain nombre de fois ta relation a échoué pour les mêmes motifs, il urge de changer de fusil d’épaule. Prendre une femme de son rang, c’est garantir la stabilité de son foyer. « Cette dernière pourrait mieux te comprendre et t’assurer la quiétude familiale » conseilla-t-il.

Léopold GBEGAN

Articles similaires