Déchirure chez les FCBE : Une histoire écrite d’avance

 Déchirure chez les FCBE : Une histoire écrite d’avance

Lentement mais surement, les FCBE sont en train de marcher vers leur destin, celui qui attend tous les partis nés au pouvoir, à savoir la déliquescence totale. 

La fissure des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE) va encore s’élargir samedi 16 octobre 2021 à Parakou. Théophile Yarou et certains de ses anciens camarades lanceront, ce jour-là, une nouvelle formation politique dénommée La Nouvelle Alliance. Ancien secrétaire exécutif national des FCBE et ancien ministre de la défense, M. Yarou était sous le coup d’une suspension intervenue suite à une discorde portant sur la désignation des candidats du parti à l’élection présidentielle d’avril 2021.

Cette initiative est un coup dur pour les FCBE qui perdent ainsi des militants de la première heure. Le parti en sort d’autant plus fragilisé que ce n’est pas la dernière fois qu’il fait face à la division. L’on se souvient que son fondateur, l’ancien président Yayi Boni avait lui-même claqué la porte, emportant avec lui des milliers de partisans.

En dehors de ces départs qui ont plus que fragilisé le parti, plusieurs responsables et militants des structures déconcentrées ont pris leurs distances. Alors que certains ont intégré des partis proches du pouvoir, d’autres sont allés rejoindre des formations de l’opposition comme celui de Moïse Kérékou, l’un des fils de l’ancien président le général Mathieu Kérékou.

Chaque départ donne lieu à des accusations contre la direction du parti, en particulier contre le numéro 1 Paul Hounkpè. Mais en réalité, les FCBE n’ont aucune autre alternative que de se détruire au risque de disparaître. Créé alors que tous les membres étaient au pouvoir, le parti avait une direction à laquelle tous faisaient allégeance parce que disposant des moyens de l’Etat pour imposer l’unité.

Les partis nés au pouvoir vivent tous la même histoire. Au Bénin, c’est le cas du Fard-Alafia qui fut l’une des plus grandes formations politiques dans le milieu des années 1990. Les responsables, puis les militants ont fini par se déchirer et chacun a emporté un pan du parti qui a fini par devenir l’ombre de lui-même. De la même manière, la Renaissance du Bénin lancée par Rosine Soglo, Première dame entre 1991 et 1996, a perdu de son aura après que le président Nicéphore Soglo ait échoué à se faire élire pour un second mandat. Cette formation tient encore à cause de la forte personnalité des Soglo mais l’avenir reste désormais incertain, ces derniers étant complètement déstabilisés  par l’emprise l’actuel président Patrice Talon sur les fiefs traditionnels de la Renaissance du Bénin. Pour ce qui concerne ce que vivent actuellement les FCBE, on se demande combien de temps Hounkpe pourra bien tenir.

Pierre MATCHOUDO

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