Croisement politique au sein de la mouvance présidentielle : Un spectacle sans dénouement

 Croisement politique au sein de la mouvance présidentielle : Un spectacle sans dénouement

Telle la veille d’une nouvelle saison de championnat de football caractérisée par des négociations autour des meilleurs joueurs qui sont vendus ou achetés, la classe politique béninoise a commencé à se recomposer à un rythme effréné. L’actualité de ces derniers jours a révélé que beaucoup d’acteurs politiques ont changé de camp soit en bloc soit individuellement ce qui a eu une certaine frénésie à quelques mois d’un scrutin crucial.

L’exemple le plus illustratif de cette situation est le mariage entre le PRD et l’Union progressiste deux partis proches du président Talon mais aussi l’interruption du processus de fusion entre l’Udbn et le Bloc républicain. Alors que le  processus était en marche depuis environ une année les premiers responsables de ce parti ont subitement annoncé avoir mis fin à sa démarche. Dans le même temps, un ministre démissionnaire du BR depuis longtemps annonce son adhésion à l’Union progressiste tout comme une ancienne maire qui aussi quelques heures plus tôt a annoncé sa démission du parti du Cheval Blanc Cabré.

Le moins que l’on  puisse dire est que cette frénésie fait désordre et désoriente plus d’un. Mais au-delà de cela, les démissions et les additions laissent entrevoir un problème structurel qui fait feu au sein de tous les partis politiques.  Comme on l’a souvent souligné aucun parti béninois n’est fondé sur une base idéologique. Comme une équipe de football, le seul objectif poursuivi par un parti politique est de remporter une élection donc de gagner.

Le Bloc Républicain et l’Union progressiste qui ont tous été créés par le chef de l’État non d’autres buts que de construire à la conquête et à la conservation des instances de pouvoir par ce dernier. Certains qui tentent de graviter aujourd’hui autour de ces deux formations ne poursuivent autre chose que la participation au partage du gâteau politique.

Mais les parties politiques proches du pouvoir ne sont pas les seuls à ne pas être fondés sur une base idéologique. Les Fcbe et Les Démocrates ne sont guère différents. Ils ont été créés autour d’une personne en l’occurrence l’ancien président de la République Yayi Boni pour le premier lorsqu’il était  au commande de l’État et pour le deuxième après qu’il est terminé ses deux mandats et que la confiance a été rompue entre anciens camarades des Forces Cauris pour un Bénin Emergent.

Excédé par la perte des militants de son parti le bloc républicain, le député Abdoulaye Gounou a récemment opté pour la relecture de la Charte des partis afin de rendre plus difficile la transhumance politique. Interrogé par un media de la place sur les causes de l’hémorragie au sein de son parti il a déclaré que ce sont les non-dits de la loi qui autorisent un tel état de fait.

Si la proposition du député de la 4e circonscription électorale est pertinente il n’en demeure pas moins vrai qu’elle risque d’être un coup de pied dans l’eau, donc sans effet. L’un des sports  favoris des acteurs politiques béninois consiste à analyser les lois pour y trouver des failles. Et il n’est pas sûr que la prochaine loi sur les partis politiques soit parfaite au point de ne comporter aucune faille. D’ailleurs à l’adoption de la Charte des partis aujourd’hui en cause, les députés dans leur ensemble c’était félicité d’avoir enfin trouvé l’outil qu’il fallait pour assainir la classe politique. Ce qui manifestement est un échec au vu de ce qui se passe depuis peu.

Pierre MATCHOUDO

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