Code vestimentaire: UAC – Iran, même combat ?

 Code vestimentaire: UAC – Iran, même combat ?

Le 21 octobre 2022,  un communiqué interdisant certains types de vêtements sur le territoire de leur institution. Il s’agit de vêtements, selon le communiqué, ne respectant pas les normes prescrites par le règlement pédagogique des Unités de Formation et de Recherche (Ufr).

Des écoles spécialisées des universités publiques ont en effet institué un code vestimentaire permettant d’identifier leurs étudiants. C’est le cas de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature ou de la Faculté d’agronomie. Chacune de ces entités a un uniforme spécifique qu’elles soient à Abomey Calavi ou à l’Université de Parakou. Il en est de même des établissements privés d’enseignement supérieur dont les étudiants sont reconnaissables à leur tenue.

Mais rien de tel n’existe dans les facultés classiques, notamment en droit, économie, lettres et sciences. Les étudiants sont donc libre de porter le type de vêtements qui leurs conviennent. Et c’est là que se pose le problème. Car, l’habillement a toujours été un sujet de conflits entre générations. Ce que d’aucuns, surtout les anciens qualifient de vêtements extravagants, les jeunes estiment  plutôt être à la mode. La décence ou l’indécence d’un vêtement est donc laissé à l’appréciation de chacun. Et plus que les anciens sont ceux qui font les lois, les jeunes subissent.

Et dans ce jeu, ce sont toujours les filles qui sont perdantes. Car lorsqu’on parle de tenues inappropriées, on s’adresse d’abord à celles qui portent des jupes, des culottes ou des robes courtes. Même si les pantalons bas ont été ciblés par le rectorat, il reste en effet que ce sont les vêtements féminins qui sont retenus par les lecteurs du communiqué.

Dans un article sur la question des tenues vestimentaires dans la même université publié le 26 avril 2022, le journal DB Médias.com a cité le juriste Alex AGBO, qui constatant les types d’habillements sur le campus, affirmait néanmoins qu’« aucune loi jusqu’à l’heure n’interdit ou n’autorise tels ou tels autres vêtements au Bénin ».

Ainsi, en l’absence d’une loi et en attendant d’instituer un uniforme pour tous les étudiants, il est difficile de faire appliquer la décision rectorale sans tomber dans l’arbitraire. En fait, toute cette situation rappelle certains pays où les femmes sont contraintes de suivre un code vestimentaire strict jugé plus éthique. Comme en Iran où, depuis une quarantaine de jours, les femmes soutenues par un grand nombre d’hommes manifestent pour obtenir leur liberté vestimentaire. Seulement, l’Université d’Abomey Calavi n’a pas une police des mœurs contrairement à ces pays.

Interdire ou ne pas interdire ? La question reste posée. Mais une chose est sure : l’appréciation de la décence vestimentaire est parfois subjective et il est important de trouver le juste milieu entre l’évolution de la mode et les traditions, plus conservatrices. Vu sous cet angle, les autorités rectorales se veulent conservatrices, gardiennes des traditions, quittent à écorcher quelque peu la liberté des femmes.

Damien TOLOMISSI

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