Nomination d’expatriés à la tête des entreprises: Les compétences locales oubliées

 Nomination d’expatriés à la tête des entreprises: Les compétences locales oubliées

Le mythe de l’expert expatrié semble avoir la peau dure en Afrique. Bien que nombre de nationaux aient été formés dans les mêmes écoles que les non-africains, la préférence des politiques va à l’endroit de ces derniers lorsqu’il s’agit de nommer des hommes compétents à certains niveaux. Progressivement, le Bénin est en train de rejoindre ces pays-là qui préfèrent les expatriés à la tête des sociétés d’Etat.

La nomination d’un premier expatrié dans une structure du ministère des Finances en 2016 avait paru insolite aux Béninois mais la justification avait été vite trouvée. Ce dernier avait la nationalité Béninoise, ce qui lui donnait le droit de servir, comme tout autre Béninois, dans l’appareil d’Etat.

Plus tard, ce sont le Port autonome de Cotonou, puis la Société béninoise d’énergie électrique qui vu un expatrié débarqué à sa tête. Jacques Paradis était supposé faire le miracle que les Béninois n’ont pu réaliser jusque-là. Donner la lumière aux Béninois sans interruption. Malgré les tours de magie qu’il était supposé être capable de faire, rien n’y fit. Il vient d’être remplacé par un autre expatrié.

Au Port Autonome de Cotonou également, depuis quatre ans, le gouvernement pour redynamiser le poumon de l’économie béninoise a signé un contrat avec le Port d’Anvers afin de bénéficier de l’expertise internationale de cette plate-forme portuaire de renommée mondiale.

D’autres entités ont elles aussi connu des changements pareils. Les parcs naturels de Pendjari et du W ont été confiés à des opérateurs non béninois ….

Le football était déjà un secteur conquis par des entraineurs européens qui parcourent le continent pour le miracle qui souvent tarde à venir. En tout cas au Bénin où, malgré de colossales sommes d’argent payées en guise de salaire, le pays n’a jamais atteint la demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Sans parler de la participation à la Coupe du monde…

Pourtant, les compétences locales ne manquent pas. Les universités béninoises, qu’elles soient publiques ou privées sortent tous les ans des compétences qui, à défaut d’être utilisées ici, vont offrir leurs services dans d’autres pays. Bénéficiaires de bourses ou non, des centaines de jeunes béninois se rendent tous les ans en Europe, en Asie ou en Amérique du nord où ils sont admis dans les universités. Souvent, c’est avec brio qu’ils font leur parcourt. Pourtant, lorsqu’ils rentrent, ils ne bénéficient pas du même crédit de confiance que leurs camarades de classes de ces pays, dont ils ont d’ailleurs été les majeurs.

Aucun pays ne peut s’enfermer et refuser l’apport de compétences extérieures. Il est donc légitime que les responsables politiques identifient ces dernières afin de bénéficier de leur expertise. D’ailleurs, des Béninois sont eux-aussi sollicités dans d’autres pays africains et occidentaux. Ce serait donc pure racisme que de reprocher au gouvernement la nomination d’expatriés sous le prétexte qu’ils sont Blancs. Par contre, il est tout aussi légitime que les Béninois souhaitent que ces nominations se fassent sans à priori. Pour preuve nul ne peut trouver à dire sur les compétences du nouveau Directeur Douanes, Alain Hinkatin. Parce que son profil et ses compétences en matière de bonne gouvernance dans la gestion financière n’est plus à démontrer.

Damien TOLOMISSI

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