Avortement : Les conséquences pour la femme

 Avortement : Les conséquences pour la femme

Considéré comme un acte criminel, l’avortement, depuis peu au Bénin, pourrait se faire dans des conditions exceptionnelles prévues par la loi votée en décembre 2021 sur la possibilité de mettre un terme à une grossesse. Toutefois, un avortement autorisé ou non peut avoir des répercussions négatives sur la santé de la femme. Dans ce numéro, Docteur Simon Sèto, chirurgien des hôpitaux évoque les conséquences qui pourraient en découdre.

« Depuis octobre 2021, une femme enceinte peut demander en toute légalité l’interruption volontaire de sa grossesse. Le délai légal retenu est de douze (12) semaines d’aménorrhée, passé ce délai l’avortement devient illégal », a d’abord clarifié Docteur Simon Sèto. Pour lui,  l’avortement se définit « comme l’expulsion du contenu utérin ». Une grossesse poursuit-il avant la 28ème semaine d’aménorrhée ou (06) six mois de grossesse date à laquelle le fœtus « lorsqu’il sort est présumé susceptible de continuer à vivre sinon avant cette date on parlera d’un avortement tardif ou simplement un avorton. « Or après six mois nous sommes au septième (07eme) mois on parlera du grand prématuré et lorsque les soins sont adaptés et adéquats, l’enfant pourra être pris en charge à partir de (08) huit mois ».

Nature des grossesses…

« Il y a deux types d’avortements à savoir : l’avortement spontané et l’avortement provoqué  », indique Docteur Sèto. On parle de fausse couche ou d’avortement spontané  ou involontaire explique-t-il « lorsque l’embryon ou le fœtus est expulsé spontanément avant qu’il ne soit viable, c’est-à-dire avant 22 semaines d’aménorrhée ». A la question de savoir dans quel cas cet avortement pourrait subvenir. Il répond : « Un enfant qui porte une malformation incompatible à la vie, l’organisme lui-même détecte cela et se libère. Lorsque l’utérus de la femme l’organe, reproducteur porte des malformations, des maladies du genre les fibromes qu’on appelle encore les myomes…

Par exemple, la  présence de ces noyaux fibromateux qui sont des corps durs, l’enfant en se développant va se comporter comme s’il est compressé alors que c’est lui qui est en train de prendre du volume et qui va s’adosser à quelques choses qui ne lui offre pas d’espace, il en a marre. L’accident de perdre son enfant se produit. La fausse couche  peut être aussi due à un accident domestique et pleines d’autres choses ».

Par contre il y a deux sortes d’avortement provoqué. « C’est un avortement qui est volontaire par le fait de la femme ou de quelqu’un d’autre qui estime que la grossesse ne va pas rester, d’où l’interruption volontaire appelée IVG » ou «C’est un avortement qui va subvenir après consultation et concertation d’un collège de médecin qui va estimer que la grossesse doit-être interrompue. Et ce n’est pas dans n’importe quel cas ».  Premièrement, explique le chirurgien « La femme qui porte la grossesse n’est pas susceptible de la garder. Et pour cause, elle porte une maladie qui lui interdite de contracter une grossesse.  Si Le fœtus ou l’embryon porte une malformation incompatible à la vie. Car aujourd’hui il y a les méthodes de détection de ces maladies notamment l’échographie qui permet de savoir si cet enfant que la femme va mettre au monde portera une malformation incompatible à la vie. Nous avons aussi les avortements issus  d’un viol… »

Une femme enceinte y compris mineure qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse peut demander l’interruption « c’est pourquoi désormais la pratique de l’avortement est désormais réglementée et plusieurs étapes doivent  être respectées avant et après l’intervention ».

Réussite de l’avortement…

Selon le chirurgien Sèto, le seul moyen de savoir si votre avortement est réussi est de passer une échographie dix jours (10) jours après l’opération. « La femme qui subit une interruption de grossesse ne peut pas avoir des douleurs sévères de saignement excessif prolongé ou de la fièvre ». Il ajoute que « le saignement peut durer une à trois semaines ».

Conséquences de l’avortement

Les conséquences liées aux avortements varient d’une femme à l’autre en fonction de sa situation personnelle. Selon le docteur, les conséquences liées aux avortements des femmes sont d’ordres corporelle, psychosomatique et psychique. De ces explications, il ressort que  les conséquences corporelles sont de deux sortes: les complications précoces de l’avortement et les complications tardives. En ce qui concerne les complications précoces, on note « Les blessures de l’utérus, les saignements et puis les suites infectieuses ». Au niveau des complications tardives on a « la végétation de l’abdomen, les menstruations déréglées,  les stérilités d’origine non organiques, problème lors des grossesses ultérieures surtout les fausses couches, les naissances prématurées, l’augmentation de la mortalité périnatale, l’augmentation du taux de grossesse tubaire des trompes ou de grossesse extra utérine « .

Pour les conséquences psychosomatiques, il y a « les troubles de fonctionnement de l’abdomen, les perturbations dans le comportement de sexuel c’est à dire  les troubles de libido, de l’orgasme, les rapports sexuels douloureux, les migraines, les troubles de sommeil, les cauchemars ». Par contre « les pleurs incontrôlés et  injustifiés, l’anxiété, les cyclothymies, humeurs changeante, signe de faiblesse nerveuse, c’est à dire les sudations , tremblement, les rugissements, les palissements, la nervosité, l’agitation et la  tension hyperactivité, les problèmes de concentrations et de mémoires, la dépression,  les sentiments de honte de remords et de culpabilités, les idées noire (avoir envie de se suicider), avoir le sentiment d’abandon et de vide intérieur, impression de solitude, d’abandon et d’isolement et beaucoup d’autres choses », constituent les impacts psychiques d’un tel acte.

Léopold GBEGAN

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