Attaques terroristes au Bénin : La collaboration de tous requise

 Attaques terroristes au Bénin : La collaboration de tous requise

Comment venir à bout des terroristes qui, progressivement, s’installent au Bénin? La réponse à cette interrogation est sans doute dans les états-majors des spécialistes de la sécurité et de la défense nationale mais la population à elle aussi un rôle majeur à jouer.

Les terroristes ont encore frappé le Bénin. Cette fois, l’attaque a eu lieu dans la nuit du samedi au dimanche dernier (25 au 26 juin 2022) à Dassari dans la commune de Matéri, département de l’Atacora. Les assaillants dont le nombre est pour le moment indéterminé, ont pris pour cible le commissariat de cet arrondissement. L’attaque, d’après la presse locale, a fait deux morts et des blessés dans les rangs des forces de sécurité. Idem du côté des assaillants.

Depuis plusieurs mois, le Bénin subit des attaques de présumés djihadistes mais c’est la première fois qu’ils ont frappé loin de la frontière avec le Burkina Faso. Auparavant, leurs activités se limitaient aux abords du parc national de la Penjari où, depuis, des mesures de protection ont été renforcées par l’État. Cette descente plus au sud de leur zone de prédilection, les djihadistes montrent leur détermination à semer le chaos comme ils le font déjà au Mali, au Burkina et au Niger.

Par ailleurs, depuis qu’ils ont commencé à frapper le Bénin, les terroristes semblent se contenter d’attaquer les commissariats. Cette stratégie leur permet de se constituer un arsenal, des armes. Si depuis la guerre en Libye, il y a de cela quelques années, les armes circulent dans tous le Sahel mais pour renforcer leurs équipements, ils ont besoin d’attaquer commissariats et garnisons. Ces attaques leur permettent dans le même temps d’affaiblir les forces de l’ordre.

À mesure que le bruit des armes se fait entendre dans le nord du Bénin, la population est gagnée par l’émoi et la panique s’installe un peu plus à chaque annonce d’attaque. Pour renforcer la capacité de riposte des forces de défense et ainsi mieux protéger les Béninois, le gouvernement a lancé un processus de recrutement dans l’armée. Mais, par peur de se retrouver sur la ligne de front, la majorité des jeunes ont refusé de prendre part au processus.

Si pour le moment les policiers et militaires sont la cible des djihadistes, leur objectif final est de s’en prendre à la population comme c’est le cas dans les pays sahéliens où ils font à chaque fois des dizaines de morts de morts au sein des civiles. Refuser d’intégrer l’armée par peur des terroristes équivaut à une politique de l’autruche qui ferme les yeux croyant ainsi échapper au danger. La meilleure protection serait d’être dans le rang de ceux qui savent se défendre et protéger les faibles car ces terroristes n’ont de respect pour qui que ce soit.

De leur côté, quelle que soit la qualité de leur formation, les militaires et policiers ne peuvent à eux seuls faire face  à la menace sans la collaboration des populations. Le Bénin est un petit pays dans lequel l’arrivée de personnes nouvelles ne passe pas inaperçue. L’une des solutions qui fait ses preuves consiste à signaler la présence de personnes inconnues dans une localité ou à signaler tout mouvement suspect.

Pierre MATCHOUDO

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