Administration publique : L’heure des intérimaires a sonné

 Administration publique : L’heure des intérimaires a sonné

Situation exceptionnelle, l’intérim est souvent assuré en période de crise ou d’urgence, en attendant que le titulaire retrouve sa place ou qu’un nouveau soit désigné. Mais au Bénin, l’installation des responsables intérimaires tend à devenir une norme.

Derniers en date, les commissaires centraux de Cotonou et de Parakou ont été désignés le 8 juillet dernier. Il s’agit respectivement du commissaire major de Police, Jules Patipé et du commissaire major de police Léopold Egblékadja. Les deux cadres experts en sécurité devront prendre service à leurs nouveaux postes au plus tard ce lundi 11 juillet. Toujours le 8 de ce mois, le directeur général de la Police républicaine a appelé le commissaire principal de police, Dr Roger Tawès, à occuper le poste de directeur général et directeur général adjoint de la direction de l’Emigration et de l’immigration (Dei). Ce dernier va donc rejoindre un patron qui lui-même est dans une position précaire puisqu’étant intérimaire. En effet, le 14 janvier dernier, le commissaire divisionnaire de police Wanou Léonard a été nommé par intérim à ce poste où il venait ainsi remplacer son prédécesseur limogé dans une affaire de délivrance de passeports à des étrangers. 

Cette situation qui touche le secteur de la sécurité n’épargne pas les administrations civiles. Ainsi, à la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb), c’est un intérimaire qui est aux affaires. Il s’agit de Sylvain Adokpo-Migan précédemment responsable de l’Agence Nationale d’approvisionnement en eau potable en milieu rural qui a été placé sur le fauteuil de Dansou Camille. Suivant la même logique, l’Agence des Services et Systèmes d’Informations (Assi) a à sa tête un directeur intérimaire en la personne de Aristide Adjinacou, désigné peu après la démission du titulaire le 5 avril dernier.

S’il est difficile de dire combien de temps l’intérim durera au niveau de ces structures, il est à remarquer que l’Office de radio et de télévision du Bénin (Ortb) est dirigé par un directeur général intérimaire en poste depuis bientôt deux ans. En effet, le DG Erick J.P Abraham a été nommé le 28 octobre 2019 par Alain Orounla qui dirigeait alors le Ministère de la Communication et de la Poste, ministère supprimé entre-temps.

La liste des intérimaires n’est sans doute pas close. Et, à ce jour, aucun des cadres appelés à ces postes plus qu’éjectables n’est déméritant. Au contraire, ils ont été sans doute identifiés parce qu’ils sont au-dessus de la moyenne. Souvent appelé en temps de crise, la précarité de leur situation risque de ne pas leur permettre de  déployer tout leur potentiel au moment même où leur structure a besoin de se relancer et de rassurer les usagers. Certes, il est généralement admis que l’intérimaire fait tout pour mériter la confiance du responsable qui l’a positionné parce que se sachant précaire. Mais cette assertion a ses limites parce que de sa position, l’intéressé n’est pas habilité à prendre certaines décisions, étant là souvent pour gérer les affaires courantes.

Pierre MATCHOUDO

Articles similaires